Bibliothèque & Archives Diocésaines de Maurienne

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et aux archives diocésaines de

Saint-Jean-de-Maurienne.

Horaires d'ouverture à la consultation

Des permanences sont assurées par les archivistes, chaque mercredi après-midi de l'année, à partir de 14h30, à la maison diocésaine de Maurienne, 47 rue Bonrieux à Saint Jean de Maurienne. Vous pouvez y venir chaque mercredi après-midi, librement sans rendez-vous.

Pour les étudiants en histoire, les chercheurs et les personnes préparant des publications qui nécessitent un long travail sur place, il est possible de prendre rendez-vous en dehors de ces horaires, ou pour préparer votre visite.

Contact : 04.79.64.05.90   ou   evechedemaurienne@wanadoo.fr

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Vous serez les bienvenus dans la salle de lecture et de consultation, fonctionnelle et plus des ouvrages, aménagée pendant l'été 2008.

Être informé des évènements et des nouvelles acquisitions par notre NEWSLETTER : Les acquisitions nouvelles, les fermetures exceptionnelles, conférences ou publications, seront annoncées par le biais de la NEWSLETTER. Vous pouvez vous y abonner, en vous inscrivant à l'aide du formulaire, dans la colonne de droite.

N'hésitez pas à visiter les pages ci-dessous, pour mieux connaître et utiliser nos fonds anciens et contemporains. Utilisez  le menu "Catégories" situé dans la colonne de droite.

 


20 septembre 2013

Dernières acquisitions

En ces semaines de rentrée, nos fonds historiques se sont enrichis de deux éléments patrimoniaux importants. Tout d'abord, c'est la bibliothèque qui a bénéficié, dans les premiers jours de septembre, de l'arrivée dans ses rayonnages de l'ouvrage qui fonde la célébrité du docteur François-Emmanuel FODÉRÉ : Traité de médecine légale et d'hygiène publique ou de police de santé : adapté aux codes de l'Empire français et aux connaissances actuelles, à l’usage des gens de l’Art, de ceux du Barreau, des jurés et des administrateurs de la santé publique, civile, militaire et de marine [2ème édition], Mame (Paris), 1813-1815, 6 volumes. L'auteur, dont l'imposante statue de bronze est bien connue des Mauriennais, est né à Saint-Jean-de-Maurienne le 15 janvier 1764. Son père était un enfant du village de Bessans. Fodéré fut élève au petit-séminaire de Maurienne, le collège Lambertin, médecin brillant, il s'illustra tout d'abord dans la carrière des armes. Premier titulaire de la chaire de médecine légale de l'université de Strasbourg, il est considéré comme un des pères fondateurs de la médecine légale. Son traité avait donc bien sa place dans notre bibliothèque, qui illustre le patrimoine Mauriennais.

Fodéré

Dans les jours suivants, les archives historiques de l'évêché ont reçu avec bonheur un document historique qui vient lui aussi enrichir le patrimoine de la Maurienne : un rouleau de comptes médiévaux, rendus pour l'année 1272 par le châtelain d'Aiguebelle. Ce type de document, précieux à plus d'un titre, renseigne le chercheur dans des domaines variés : population, travaux importants, passage de troupes, dépenses de guerre, vie économique locale, etc. Une belle acquisition qui demandera quant à elle une lecture complète !

rouleau 1272

Quelques ouvrages acquis dans le même temps :

- Le voyage de Pie VII à Paris pour le sacre de Napoléon (1804-1805) entre politique et diplomatie. Jean-Marc Ticchi, Ed° Honoré Champion, Paris 2013. 600 pages. De novembre 1804 à mai 1805, Pie VII effectue le plus long voyage d'un pape en France. Venu pour sacrer Napoléon, il rencontre des foules immenses et donne d'innombrables audiences. Sa présence, qui contribue à la « romanisation » de la piété, est utilisée par l'Empire qui célèbre le « rétablissement » du catholicisme. Le pape tente d'obtenir une amélioration de la situation de l'Église de France et de recouvrer les légations, administrant à distance les États pontificaux. Ce séjour dont le souvenir est conservé par des écrits, tableaux, gravures et médailles, occasionne une transformation de l'image du pontife romain dans l'opinion publique où Pie VII laisse l'image d'un bon père, d'un prêtre pieux. Jean-Marc Ticchi est membre associé du Centre d'Anthropologie religieuse européenne (CARE/EHESS). Ses recherches portent sur la dévotion au pape et la diplomatie pontificale aux XIXe et XXe siècles.

- Les reliques des saints, une source de miracles. Françoise Bouchard, Ed° Salvator, Paris 2013. 235 pages. L'auteur replace la dévotion et le culte des reliques dans un contexte ecclésial actuel, et présente le culte des reliques en 2013. Les reliques de saint Jean-Baptiste conservées à Saint-Jean-de-Maurienne y occupent une place assez considérable, et apprécié !

 

05 septembre 2013

Une nouveauté à la bibliothèque

Une nouveauté en septembre, parue ces jours-ci :

"Modestes paroles d'un curé de montagne" 

3 volumes de 130 pages chacun - 33 €uro

Ouvrage Louis Bellet - site

 

L'abbé Louis BELLET, décédé en 2013, a été pendant 41 ans curé des paroisses du plateau des Albiez, dans le diocèse de Maurienne. Ses paroissiens et ses amis ont mis à disposition du public les homélies de ce prêtre discret et profond. Un volume par année liturgique, 52 textes par volume. L'auteur, décédé avant la parution de l'ouvrage, le préfaçait en disant "des miettes de spiritualité pour nourrir votre réflexion". Disponible à la maison diocésaine de Maurienne. Commande possible au 04 79 64 05 90 ou evechedemaurienne@wanadoo.fr au tarif de 33 €uro, avec des frais de port de 4,40 € en supplément si vous souhaitez un envoi postal.

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21 mai 2013

Un petit concours, ouvert à tous ! Saurez-vous répondre ?...

Quel artiste mondialement connu a déplacé, en 1964 à New-York (USA), le nombre impressionnant de 21 millions de visiteurs, soit l'équivalent d'un tiers de la population française  ? Un petit indice : c'est un artiste européen.

Beaucoup ont "brûlé", mais aucun n'a donné le nom de Michel-Ange, dont la célebrissime PIETA quitta le Vatican cette année-là, et reçut, sur le stand du Saint-Siège à l'exposition universelle de New-York, le nombre record de 21 millions de visiteurs. Source : Bulletin VIS du Saint-Siège de mai 2013

LA   PIETA DE MICHELANGE  

Cité   du Vatican, 21 mai 2013 (VIS). Le 21 mai 1972 en la Basilique vaticane, un   touriste australien se proclamant Jésus-Christ ressuscité réussit à franchir   la balustrade et à marteler la célèbre Pietà de Michelange. En cinq coups de   marteau, le visage de la Vierge fut abîmé et le bras gauche brisé, réduit en   une cinquantaine de morceaux et éclats de marbre. Cette sculpture, réalisée   par le génie florentin âgé d'à peine plus de vingt ans, est la seule oeuvre   portant sa signature. A quarante ans de distance, les Musées du Vatican   organisent une journée d'études consacrée à la restauration de la Pietà   réalisée en 1972 - 1973 par les leurs laboratoires sous la direction du   Directeur général de l'époque Deoclecio Redig de Campos. Le travail de   reconstitution à l'aide d'une colle à base de poudre de marbre fit facilité   par l'existence de plusieurs moulages. La journée comporte notamment la   projection du reportage filmé La violence et la Pietà, restauré et numérisé,   réalisé à l'époque par Brando Giordano du Département Culture de la Rai. Pour   Paul VI, qui avait sollicité ce document, la Pietà endommagée symbolisait une   Eglise en pleurs frappée par le mal. La documentation de la Fabrique de   St.Pierre permettra d'exposer les divers emplacements donnés à la statue   avant sa mise en place en 1779 dans la première chapelle droite. Lorsque la   Pietà de Michelange quitta le Vatican pour la seule et unique fois en 1964,   elle fut admiré à New York par 21 millions de personnes. C'est à l'occasion   de cette Exposition Universelle que le photographe Robert Hupka réalisa le   célèbre album intitulé Un acte d'amour. L'archéologue Pietro Zander exposera   une question peu connue, celle des couronnes votives qui ont été posées sur   la tête de la Vierge au long des siècles. On se souviendra qu'à Florence en   1991 le David de Michelange fut lui aussi endommagé par un fou. La   présentation de sa restauration par l'Office des pierres dures ouvrira la   session de l'après-midi, où sera exposée la constitution d'une glyptothèque   virtuelle tridimensionnelle des oeuvres les plus rares, afin de parer à tout   type de dommage.

 

 

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15 mai 2013

la Bibliothèque diocésaine intègre le projet CASSS

C'est dans le cadre prestigieux de l'ancien palais des évêques de Maurienne que, il y a quelques mois, a été signée la convention liant l'évêché de Maurienne à l'Union des Sociétés Savantes de Savoie, afin que notre bibliothèque diocésaine intègre le CASSS : CAtalogue des Sociétés Savantes de Savoie.

Messieurs Claude BARBIER (président de l'Union des Sociétés Savantes de Savoie), Laurent PERRILLAT (coordinateur du projet CASSS) et Yvan CAPORIZZO (archiviste et bibliothécaire de l'évêché de Maurienne), ont signé le  protocole de rapprochement de nos deux institutions.

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 Cette collaboration naissante va permettre au public, à terme, l'accès libre par le biais de l'internet, au catalogue de la bibliothèque diocésaine de Maurienne, ainsi qu'à celui des 15 autres bibliothèques, en Savoie et Haute-Savoie, qui partagent désormais cette ressource.

Pour le diocèse de Maurienne, la saisie du catalogue pourra démarrer le 1er juillet 2013. D'ores et déjà, les bibliothécaires des 15 sociétés savantes partenaires, ont mis en ligne plus de 35.000 notices d'ouvrages régionalistes et historiques. Un fonds unique, désormais à la disposition des chercheurs et des étudiants afin de permettre une localisation facile de la documentation existante.

Vous êtes chercheur, conférencier, généalogiste, bibliothécaire, curieux d’histoire locale ou régionale ? Vous cherchez à vous documenter sur un lieu, un événement, un personnage des Pays de Savoie ? Les sociétés savantes de Savoie vous proposent désormais toute la documentation sur la Savoie en quelques clics !

Pour accéder au CASSS, suivez le lien :

http://www.abiblio.com/sssavoieopac

Il s’agit du catalogue commun informatisé des bibliothèques des sociétés savantes de Savoie.

Vous y trouverez :

- Les références de documents concernant la Savoie

- La localisation des documents conservés dans le réseau de 15 bibliothèques,réparties sur les deux départements de la Savoie et de la Haute-Savoie

-Des liens vers les documents numérisés par la Bibliothèque nationale de France (Gallica)

-Des liens vers la BNS (Bibliothèque numérique savoisienne)

-Des informations générales sur la documentation savoyarde et des liens vers des outils de recherche

Ce projet est piloté par l'Union des sociétés savantes de Savoie,

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avec le soutien de l'Assemblée des Pays de Savoie

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Pour toute demande d'information, contacter le coordinateur du projet, Mr Laurent PERRILLAT : laurent.perrillat@free.fr

                 


14 mai 2013

Catalogue des archives diocésaines de Maurienne

Le travail de rédaction du volume 1 de notre catalogue général a pris du retard : il a aussi pris de l'ampleur. En effet, les archives diocésaines de Maurienne ont entrepris depuis plusieurs années la révision et la mise à disposition publique de leur catalogue général. Le premier volume de ce catalogue, en préparation, sera livré courant 2013. Il sera disponible auprès du service des archives diocésaines.

ARCHIVES DIOCÉSAINES DE MAURIENNE

Catalogue général, volume 1

Visites pastorales des évêques de Maurienne de 1437 à 1950

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Manuscrit de la visite pastorale de Pierre PANEREL, vicaire général du cardinal de VAREMBON, 

à Termignon le 13 juin 1444 (illustration)

Pour chacune des paroisses du diocèse de Maurienne, sera présentée une liste des procès-verbaux et ordonnances de visite pastorale, avec indication de la cote dans les fonds d'archives. Cette présentation permet de connaître et localiser rapidement (et de manière synthétique) l'ensemble des comptes rendus existants pour chacune des paroisses. Il mentionne également les renvois possibles aux fonds d'archives paroissiales consultables à l'évêché de Maurienne, aux fonds d'archives publiques (essentiellement les archives départementales de la Savoie), et parfois, l'existence de visites connues dont les comptes rendus se sont perdus au fil des siècles. Le répertoire s'étend aux paroisses du diocèse de Maurienne qui ont été attribuées au diocèse de Chambéry lors de sa création au XVIII° siècle, ainsi qu'aux églises priorales, collégiales et à quelques sanctuaires dont celui de Notre-Dame du Charmaix.  Ce répertoire constituera un outil de travail indispensable pour l'exploitation des visites pastorales par les étudiants, chercheurs, et toute personne curieuse de l'histoire de sa paroisse.

Pour toute demande de renseignements, nous contacter en utilisant la rubrique "Accueil et horaires d'ouverture", dans le pavé de droite.

15 décembre 2012

Beauté de la liturgie romaine : les « antiennes Ô » de la dernière semaine de l’Avent

En cette dernière semaine du temps de l'Avent, redécouvrons ensemble les grandes antiennes en « Ô », en latin antiphonae majores, qui sont chantées avant et après le Magnificat, aux vêpres quotidiennes de la semaine précédant Noël (à partir du 17 décembre).

On les appelle ainsi car elles commencent toutes par « Ô » (le vocatif latin). Elles s'adressent au Christ qui va naître, et contiennent de nombreuses références bibliques, vétéro et néo-testamentaires. En chant grégorien, elles sont toutes du deuxième mode, qui exprime l'attente de Dieu, et elles se terminent le 23 décembre, la veille de la fête de Noël, célébrant ainsi la naissance de Jésus-Christ. Elles recèlent un mystère de grâce et de poésie que nous allons partager ; pour celà, exposons le premier mot de chacune :

17 décembre : O   Sapientia   (Ô Sagesse…)

18 décembre : O   Adonaï   (Ô Adonaï…)

19 décembre : O   Radix Jesse   (Ô Racine de Jessé)

20 décembre : O   Clavis David   (Ô clé de David…)

21 décembre : O   Oriens   (Ô Orient …)

22 décembre : O   Rex gentium   (Ô Roi des nations…)

23 décembre : O   Emmanuel

En lisant ces lettres de bas en haut, sur la semaine précédant Noël, elles forment la phrase latine « ERO CRAS » : « DEMAIN, JE SERAI ». Et le lendemain ... on fête la Nativité du Seigneur ! Pour l’anecdote, en 1869, le 23 décembre, les chanoines de la basilique Saint-Pierre de Rome demandèrent au Pape une dispense pour remplacer l’antienne par un autre texte que :

« Ô Emmanuel, Rex et legifer noster, expectatio gentium et salvator earum, veni ad liberandum nos, Domine Deus noster » (traduction : Ô Emmanuel, notre législateur et notre roi, espérance et salut des nations, viens nous libérer, Seigneur Notre Dieu).

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Pour quelle raison ont-ils voulu omettre ce texte ? Les armées d’Italie étaient aux portes de Rome, s’apprêtaient à y entrer en conquérantes, et le roi s’appelait … Victor-Emmanuel ! Les chanoines pensèrent que, l’envahisseur s’apprêtant à déferler sur la ville, chanter « Viens Emmanuel pour nous libérer et nous sauver » pourrait provoquer des incompréhensions et des interprétations politiques !

Voici le texte chanté de cette antienne "Ô Emmanuel", du 23 décembre :

 

12 décembre 2012

Serez-vous le gagnant de ce petit concours ?...

Félicitations à Claire, notre gagnante, qui a posté sa réponse exacte le jeudi 13 décembre à 16h30 ! Cette phrase est gravée sur le bourdon, fondu en 1828 , la plus grosse des cloches de notre église cathédrale. Le sens était le suivant : "Je chante avec joie les naissances, convoque les fidèles d'une voix grave, et pleure les défunts avec tristesse". Un autre volume sera mis au concours autour de Noël !

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Où peut-on lire, à Saint-Jean-de-Maurienne, cette belle maxime latine ?

"Exultans canto natos- fideles voco gravis-defuncto ploro tristis"

La première bonne réponse, adressée au courriel evechedemaurienne@wanadoo.fr

aura la chance de recevoir gratuitement un exemplaire du livre

PETITE HISTOIRE DU DIOCESE DE MAURIENNE, du Père Jean PRIEUR.

Infos sur le livre :

Le Père Jean PRIEUR, professeur émérite d'histoire, qui connaît parfaitement la Maurienne et son riche passé, a publié fin 2010 la "Petite Histoire du diocèse de Maurienne". Des origines (VI° siècle) à 1966, le Père PRIEUR y aborde tous les sujets : fonction des évêques, piété populaire, art religieux. Un synthèse très réussie qui, au long de ses 125 pages et par de nombreuses illustrations, permet de découvrir ou de redécouvrir la très riche histoire de l'évêché de Maurienne, et de mieux comprendre les hommes et les femmes qui ont façonné notre Maurienne, en y annonçant l'évangile.

BONNE CHANCE !

NB : la réponse devra être assez précise pour localiser le texte ; une réponse du type "dans tel local" ne serait pas prie en compte.

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29 novembre 2012

Un ouvrage rare en vidéo : le Corpus Iuris Canonici de 1582

Parmi les sections intéressantes des fonds de la bibliothèque, la section juridique se distingue par sa qualité, le grand nombre et l’ancienneté des ouvrages qu’elle recèle, tant pour le droit Romain, que pour le droit Sarde ou bien encore le droit canonique. Voici quelques lignes pour introduire à l’histoire du droit canonique, et pour illustrer la présentation faite sur la vidéo disponible ci-dessous.

Les origines : droit romain et compilateurs médiévaux

 Le droit canonique, interne à l’Eglise Catholique, s'est constitué progressivement, en grande partie à partir des juristes romains. Dans les 4 premiers siècles, les papes ont par leurs lettres appelées « décrétales », alimenté les lois ecclésiastiques. Les canonistes du Moyen-âge, par un gigantesque travail de compilation des sources (ordonnances des conciles, décrets des papes, etc.) parviendront progressivement à l'unifier. Nombreux sont ceux dont les traités sont encore connus des historiens du droit : Denys le Petit, auteur des Dionysiana, Benoît de Mayenne, le pseudo-Isidore de Séville, etc.

La Réforme grégorienne verra émerger de grandes œuvres appelées « collections », rassemblant la matière en tentant de lui donner un ordre logique. Burchard de Worms, ainsi que le fondamental Dictatus papæ de Grégoire VII, Yves de Chartres, auteur de la Panormie, ont illustré cette époque.

 La première codification : le Décret de Gratien

 Jusqu'au XIe siècle, on va conserver ce mode de la compilation, qui n’est pas un traité raisonné. C’est l’époque au cours de laquelle, à l’université de Bologne, les juristes civils travaillent à la rationalisation du droit. Autour de l’année1140, Gratien, moine camaldule de Bologne, publie sa Concordia discordantium canonum (« Concorde des canons discordants »), un traité méthodique du droit, connu sous le nom de Décret de Gratien, qui servira de code à toute l’Eglise catholique jusqu'en 1917. Son disciple, Paucapaléa, fut le premier commentateur du Décret. Il y inséra des notes, appelées « palleae », les « petites pailles », qu’il indiqua comme étant parfois plus utiles que le grain !

  Au fil des siècles, la naissance du CIC (corpus iuris canonici)

 En 1234, le pape Grégoire IX publie les Décrétales qui portent son nom, recueil rédigé par saint Raymond de Peñafort, et composé de cinq livres regroupant 185 titres. Venant après le Décret, il sera appelé le « Liber Extra » (X en abrégé). En 1298, le pape Boniface VIII publie un nouveau recueil, faisant suite aux cinq livres des Décrétales : le Sexte (« sixième livre »), qui en fait est lui aussi composé de cinq livres). En 1317, Jean XXII publie les Clémentines, recueil dressé sur l'ordre du pape Clément V. Viendront ensuite, de par leur insertion au CIC par l'imprimeur et professeur parisien Jean Chapuis en 1500 et 1503, les Extravagantes de Jean XXII et les Extravagantes communes, décrétales de plusieurs papes. Cet ensemble formera le Corpus iuris canonici : le premier « code » de droit canonique.

 La promulgation officielle au XVI° siècle : l’édition de 1582

 Une vague de systématisation a lieu au XVIe siècle sous l'impulsion du pape Grégoire XIII, juriste de formation. Durant le concile de Trente, Pie IV crée une commission, les correctores romani (correcteurs romains) pour réviser le Décret de Gratien. Sous Grégoire XIII, lui-même ancien membre des correctores, leur nombre est augmenté et finalement, en 1582 est promulgué le Corpus juris canoniciqui devint le premier code officiel de l’Eglise.

Section juridique

  Cette édition de 1582 est celle présentée sur la vidéo ci-jointe, que l’on peut trouver à la bibliothèque diocésaine de Saint-Jean-de-Maurienne. Cet ouvrage, rare et en parfait état, est l’un des joyaux des collections juridiques de la bibliothèque. Jusqu’à la publication du code de droit canonique en 1917, c’est ce CIC, des milliers de fois réédité et commenté, qui servit à la conduite des affaires juridiques de l’Eglise. En conserver une édition originale est une chance pour nos fonds diocésains. Nous sommes heureux de vous la présenter ici.

13 juillet 2012

Le « missale ad usum Maurianae » dans les visites pastorales en Maurienne

Ces lignes sont extraites de la notice de la paroisse de Presle, dans le catalogue des visites pastorales des évêques de Maurienne de 1437 à 1955, à paraître à l'automne 2012.

Le « missale ad usum Maurianae » dans les visites pastorales

en Maurienne au XVI° siècle : l'exemple de Presle

L’étude des archives des paroisses du diocèse de Maurienne a permis ces dernières années de mieux connaître les livres liturgiques en usage dans notre Eglise diocésaine dans les siècles passés. Les chanoines Saturnin TRUCHET et Adolphe GROS s’y étaient intéressés, et ce dernier apporte de précieuses informations dans la note qu’il y consacre à la fin de son Histoire du diocèse de Maurienne, notamment sur le nombre et le coût de ces livres liturgiques pour chaque église, avec l’exemple de celle de Termignon en 1559 dont on possède l’inventaire.[1] En 2004, le classement des archives paroissiales de Fontcouverte et de Valmeinier a permis d’identifier des fragments de livres liturgiques qu’il est possible d’attribuer aux copistes du XII° siècle. Ce sont les plus anciens livres liturgiques connus en Maurienne, découverts à la faveur de ce classement.

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Manuscrit des archives paroissiales de Valmeinier, XII° siècle.

Dans un bon nombre des procès-verbaux des visites pastorales de Mgr. Pierre de LAMBERT (en 1570 et 1571), ce dernier constate dans les églises la présence de missels « ad usum Maurianae » : à l’usage du diocèse de Maurienne. Cet évêque apparaît comme particulièrement soucieux d’inspecter les livres utilisés. La plupart des procès-verbaux de ses visites y font référence. Ses prédécesseurs ont eu la même pratique : en 1437, Mgr. Oger MORISET, en visite à La Trinité, note dans le procès-verbal de visite que les paroissiens « font faire un nouveau missel avec les épîtres par maître Pierre, écrivain de Saint-Jean-de-Maurienne » Ce type de missel « mauriennais » ne nous est hélas plus connu, à l’exception de quelques fragments conservés par des paroisses de Maurienne qui en ont jadis utilisé le parchemin, devenu inutile, pour confectionner des reliures de registres divers. Ainsi, à Valloire, les archives paroissiales renferment une série de registres de catholicité reliés avec des parchemins présentant des passages de livres liturgiques, en particulier de larges extraits des textes des évangiles et des épitres pastorales.

 

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Fragment de livre liturgique remployé ; archives paroissiales de Valloire ; passage de la lettre de saint Paul aux Romains

 

Enfin, les archives de l’évêché de Saint-Jean-de-Maurienne conservent un pontifical manuscrit du XV° siècle, ainsi qu’un  bréviaire du XVI° siècle à l’usage du diocèse de Maurienne, qui viennent nous renseigner utilement sur ces anciens livres aujourd’hui disparus. Avant le Concile de Trente, c’était pour les paroisses une obligation, que de faire usage des livres liturgiques approuvés par l’évêque diocésain, et qui parfois différaient en des points de moindre importance des ouvrages « ad usum romanum », c'est-à-dire conformes aux usages de la liturgie romaine. Les principaux points de divergences sont relatifs au calendrier, avec la célébration de fêtes que le rite romain ignorait. Ainsi, par exemple, on célébrait en Maurienne quatre fêtes en l’honneur de saint Jean-Baptiste, alors que le rite romain n’en connaît toujours que deux.[2] Bien qu’en 1570, la réforme tridentine ait été commencée, Mgr. de LAMBERT ne semble pas soucieux de faire disparaître les anciens livres : il ne le demande jamais. Il semble même parfois chercher à repérer et distinguer les livres romains, comme à Chamoux où il fait noter : « parmi les livres en parchemin et ad usum Maurianae, il y a un antiphonaire romain ». C’est surtout la réforme liturgique conduite par l’évêque Philibert MILLIET, au début du XVII° siècle, qui mit fin à l’usage des livres liturgiques du « rite Mauriennais », et imposa les livres édités en suite des décrets du Concile de Trente. Ici, à Presle, Mgr. de LAMBERT constate la présence de « un missel ad usum Maurianae et un graduel, écrits sur parchemin, et dûment reliés », mais en revanche, pas de livre « ad usum romanum ». L’antiphonaire et un manuel, précise-t-il encore, sont « en parchemin et mal reliés ».

 

Copie de Portrait de Pierre de Lambert

 

La confection des livres manuscrits en parchemin représentait une somme importante à la charge des paroisses ; en moyenne 60 à 70 florins d’or petit poids. C’est pourquoi il était prudent de prendre grand soin de la conservation de ces ouvrages. On lit, dans la visite pastorale du Bourget-sur-Arc en 1480 : « Religari faciant antiphonarium majus infra tres menses. Faciant infra sex annos unum breviarium ad usum maurianensis ecclesie » : les paroissiens feront relier le grand antiphonaire sous trois mois, et dans un délai de six ans, feront faire un bréviaire à l’usage du diocèse de Maurienne. L’évêque donne pour réaliser ce bréviaire manuscrit un délai de six ans : c’est dire combien cela pouvait demander d’investissement et de travail. A Presle, la communauté avait pris soin de posséder un missel Mauriennais et d’en assurer la reliure. Ce n’est toutefois pas une exception. Ainsi ont lit, toujours en 1571, dans la paroisse voisine de La Table, que « les livres sont tous ad usum Maurianae et en parchemin, sauf un manuel romain imprimé sur papier ».

 


[1] Histoire du diocèse de Maurienne, tome 2, Chambéry, 1948, page 359

[2] En Maurienne : la Nativité de saint Jean-Baptiste, sa décollation, la fête des reliques de saint Jean, et la fête de ses miracles. Dans le rite romain, les deux premières uniquement.