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15 décembre 2012

Beauté de la liturgie romaine : les « antiennes Ô » de la dernière semaine de l’Avent

En cette dernière semaine du temps de l'Avent, redécouvrons ensemble les grandes antiennes en « Ô », en latin antiphonae majores, qui sont chantées avant et après le Magnificat, aux vêpres quotidiennes de la semaine précédant Noël (à partir du 17 décembre).

On les appelle ainsi car elles commencent toutes par « Ô » (le vocatif latin). Elles s'adressent au Christ qui va naître, et contiennent de nombreuses références bibliques, vétéro et néo-testamentaires. En chant grégorien, elles sont toutes du deuxième mode, qui exprime l'attente de Dieu, et elles se terminent le 23 décembre, la veille de la fête de Noël, célébrant ainsi la naissance de Jésus-Christ. Elles recèlent un mystère de grâce et de poésie que nous allons partager ; pour celà, exposons le premier mot de chacune :

17 décembre : O   Sapientia   (Ô Sagesse…)

18 décembre : O   Adonaï   (Ô Adonaï…)

19 décembre : O   Radix Jesse   (Ô Racine de Jessé)

20 décembre : O   Clavis David   (Ô clé de David…)

21 décembre : O   Oriens   (Ô Orient …)

22 décembre : O   Rex gentium   (Ô Roi des nations…)

23 décembre : O   Emmanuel

En lisant ces lettres de bas en haut, sur la semaine précédant Noël, elles forment la phrase latine « ERO CRAS » : « DEMAIN, JE SERAI ». Et le lendemain ... on fête la Nativité du Seigneur ! Pour l’anecdote, en 1869, le 23 décembre, les chanoines de la basilique Saint-Pierre de Rome demandèrent au Pape une dispense pour remplacer l’antienne par un autre texte que :

« Ô Emmanuel, Rex et legifer noster, expectatio gentium et salvator earum, veni ad liberandum nos, Domine Deus noster » (traduction : Ô Emmanuel, notre législateur et notre roi, espérance et salut des nations, viens nous libérer, Seigneur Notre Dieu).

O_Emmanuel_16

Pour quelle raison ont-ils voulu omettre ce texte ? Les armées d’Italie étaient aux portes de Rome, s’apprêtaient à y entrer en conquérantes, et le roi s’appelait … Victor-Emmanuel ! Les chanoines pensèrent que, l’envahisseur s’apprêtant à déferler sur la ville, chanter « Viens Emmanuel pour nous libérer et nous sauver » pourrait provoquer des incompréhensions et des interprétations politiques !

Voici le texte chanté de cette antienne "Ô Emmanuel", du 23 décembre :

 


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